La carie commune, le risque qui interdit l'impasse à l'aveugle
Cette maladie illustre pourquoi ce poste ne se néglige pas. Il n'existe aucune méthode de lutte curative en végétation : quand le champignon s'est introduit dans la plantule, son développement ne peut plus être arrêté.
Le potentiel de propagation est considérable. Un seul grain carié contient jusqu'à 9 millions de spores. Une implantation réalisée avec les graines d'un champ comportant 1 % d'épis cariés peut développer plus de 60 % d'épis contaminés l'année suivante. Les spores disséminées à la récolte contaminent aussi le sol, où elles se conservent environ 5 ans, ainsi que le matériel.
Au-delà de la perte de rendement, un lot carié est non commercialisable. C'est le statut sanitaire de la parcelle, et de ses voisines, qui se joue.
Raisonner le traitement selon le risque de la parcelle
Le traitement de semences ne s'applique pas par réflexe. Arvalis recommande d'évaluer le risque sur trois critères : la qualité sanitaire des semences, l'historique de la parcelle et la date de semis.
· Semences certifiées : elles bénéficient d'analyses sanitaires en amont, le risque carie et fusarioses est contrôlé avant la mise en marché.
· Semences de ferme : une analyse sanitaire du lot est indispensable. En son absence, faire l'impasse sur la maîtrise de la carie revient à miser la commercialisation de la récolte et le statut de la parcelle sur une inconnue.
· Historique et conditions de semis : un précédent à risque, une parcelle avec antécédent de carie ou une mise en terre dans des conditions de levée lente augmentent l'exposition.
Sur un lot sain, dans une parcelle sans historique, l'impasse peut se discuter avec son conseiller. Sur un risque avéré ou non mesuré, la prévention reste la règle.
Redigo et Redigo Pro : la protection fongicide des semences chez Bayer
Au catalogue Bayer, la protection fongicide des semences de céréales repose sur Redigo et Redigo Pro, deux produits à base de prothioconazole. Elles protègent la semence contre les principales maladies présentes sur le grain ou issues du sol.
Sur les maladies transmises par les semences, carie et charbon nu, Bayer mesure une efficacité de 99,9 % dans ses essais. La dose homologuée de Redigo Pro est de 0,050 l par quintal de semences sur blé, seigle et triticale, et de 0,067 l par quintal sur orge et avoine.
Ce socle prothioconazole prend un relief particulier avec le retrait annoncé du fludioxonil, dont 2026 est la dernière campagne d'utilisation en traitement de semences : Redigo et sa déclinaison Misol assurent la continuité technique de la protection.
Comment traiter les semences de blé ?
La qualité d'application conditionne l'efficacité. Trois règles pratiques ressortent des préconisations Bayer :
- Partir de semences parfaitement nettoyées, triées et dépoussiérées, pour optimiser la tenue du produit sur le grain.
- Utiliser un matériel professionnel dédié au traitement de semences, avec un volume de bouillie adapté pour obtenir une couverture régulière de chaque graine.
- Porter les équipements de protection individuelle recommandés pendant le chantier.
Pour la plupart des exploitations, cette application est réalisée en amont par le semencier ou la station de semences du distributeur : les semences certifiées arrivent protégées, prêtes à semer.