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Traitement fongicide des céréales : comment construire le programme sur blé et orge ?

La nuisibilité des maladies du blé a varié du simple au double entre 2024 et 2025 selon les résultats Arvalis. Le traitement fongicide des céréales se construit sur les stades pivots de chaque espèce, sur le risque observé à la parcelle et sur la gestion des modes d'action. Maladies, stades, substances actives, dose et déclenchement, sur blé et sur orge.


À retenir

· Nuisibilité moyenne des maladies du blé : 12,2 q/ha en 2025 contre 22,6 q/ha en 2024 (Arvalis).

· Sur blé, le T2 à dernière feuille étalée est le socle ; sur orge, le pivot est la sortie des barbes.

· Le T1 se raisonne selon la variété et la pression : il n'est pas systématique.

· Un seul SDHI par campagne, sur blé comme sur orge (note commune 2026).

· Kardix couvre les maladies foliaires du blé et de l'orge, avec un gain moyen de plus de 13 q/ha sur blé (essais Bayer).


Traitement fongicide des céréales : les maladies qui coûtent du rendement

Le programme commence par l'identification des maladies à risque sur la parcelle, qui diffèrent d'une espèce à l'autre.


Espèce

Maladie

Organe et période

Repère de nuisibilité

Blé

Septoriose

Feuilles, de la montaison au remplissage

Jusqu'à 40 q/ha en forte pression

Blé

Rouille jaune, rouille brune

Feuilles, montaison à épiaison

Jusqu'à 40 q/ha pour la rouille brune

Blé

Piétin-verse

Base des tiges, dès épi 1 cm

Variable selon rotation, sol et variété

Blé

Fusariose de l'épi

Épi, à floraison

Rendement et mycotoxines

Orge

Helminthosporiose, rhynchosporiose

Feuilles, dès 1 nœud

Complexe : 15 q/ha en moyenne, 5 à 25 selon les années

Orge

Rouille naine

Feuilles, montaison

Variable, favorisée par les années douces

Orge

Ramulariose, grillures

Feuilles hautes, fin de cycle

Enjeu de 3 à 4 q/ha en 2024 (Arvalis)


Sur blé tendre, l'institut a mesuré une nuisibilité moyenne de 12,2 q/ha dans les témoins non traités de 2025, contre 22,6 q/ha en 2024, année de forte pression septoriose. Sur orge d'hiver, la nuisibilité moyenne du complexe se situe autour de 15 q/ha et varie de 5 à 25 q/ha selon les années et les variétés.


Dans les deux cas, la tolérance variétale reste le premier levier. Elle conditionne le nombre de passages et la possibilité de faire l'impasse sur le premier.


Les stades pivots du programme fongicide sur blé

Ce programme s'articule autour de trois interventions possibles, dont une seule est presque systématique.

· T1, à 1-2 nœuds. Il vise le piétin-verse, la rouille jaune et une première protection contre la septoriose. Arvalis raisonne son impasse selon la sensibilité variétale, notamment à la septoriose. En 2024, année pluvieuse, le modèle SeptoLYS le déclenchait dans 86 % des cas ; en 2023, dans 80 % des situations. Sur ce créneau, Fandango S (prothioconazole + fluoxastrobine) se positionne à 1,2-1,6 l/ha sur septoriose et rouilles, avec une dose minimale de 1,6 l/ha en cas de risque piétin-verse, et Input (prothioconazole + spiroxamine) apporte son efficacité sur piétin-verse.


· T2, à dernière feuille étalée. C'est l'intervention qui porte l'essentiel du rendement, en protégeant les trois dernières feuilles contre la septoriose et la rouille brune. Kardix associe deux SDHI, le bixafen et le fluopyram, à une triazole, le prothioconazole.

La performance technique de Kardix® se confirme au fil des campagnes agricoles. Les nombreux essais menés par Bayer sur blé depuis 2020 mettent en évidence un gain de rendement supérieur à 12 q/ha, avec des résultats légèrement supérieurs à ceux d’autres solutions du marché. Associé à la pyraclostrobine, Kardix® s’intègre pleinement aux stratégies de protection fongicide, avec ou sans traitement à montaison.


· T3, à floraison. Il se raisonne face au risque fusariose de l'épi, avec une solution formulée au prothioconazole pour préserver la qualité sanitaire et limiter les mycotoxines.

Dans le réseau d'essais Arvalis 2025, le T2 a permis de préserver en moyenne 12,4 q/ha.


Le programme fongicide de l'orge : un calendrier plus court

Cette céréale concentre sa protection sur une fenêtre resserrée, parce que ses maladies montent vite dès que les températures augmentent. L'institut fixe deux repères selon la pression attendue :

· Pression faible (autour de 10 q/ha de nuisibilité) : un traitement unique entre dernière feuille étalée et sortie des barbes peut suffire.


· Pression modérée à forte (plus de 15 q/ha) : un premier passage autour du stade 1 nœud, relayé à la sortie des barbes, donne les meilleurs résultats.


Le seuil de déclenchement s'observe à partir de 1 nœud : sur 20 tiges principales, compter les 3 feuilles supérieures dégagées, soit 60 feuilles, et totaliser les taches de rhynchosporiose et d'helminthosporiose. Le seuil est atteint quand 10 % ou 25 % des feuilles sont touchées, selon la sensibilité de la variété.


À la sortie des barbes, l'association d'un SDHI et d'une strobilurine avec une triazole robuste comme le prothioconazole est la référence pour couvrir le complexe helminthosporiose, rhynchosporiose et ramulariose.


Choisir la substance active et gérer les modes d'action

Quatre familles composent les programmes fongicides des céréales. Chacune a un rôle et une limite.


· Triazoles (IDM). Socle des programmes depuis les années 1980, avec le prothioconazole en tête sur septoriose, rouilles et fusariose. Les résistances de cette maladie progressent légèrement ; la note commune 2026 recommande de n'utiliser chaque triazole qu'une fois par campagne.


· SDHI (carboxamides). Efficaces sur septoriose et sur le complexe orge. Les souches de septoriose résistantes aux SDHI atteignent 36 % et se stabilisent ; les souches à résistance multiple (MDR) représentent près d'une souche sur quatre. Une seule application par campagne, quelle que soit l'espèce, associée à des partenaires efficaces. Sur rouilles, préférer les associations triazole + strobilurine.


· Strobilurines (QoI). Complément sur rouilles et sur orge, où elles font partie des trois modes d'action à préserver face à l'helminthosporiose.


· Multisites et biocontrôle. Le folpel sur ramulariose, le soufre et les phosphonates de potassium sur septoriose : ces produits, peu exposés aux résistances, renforcent le programme quand ils améliorent l'efficacité.


· Le cas de l'oïdium. Secondaire sur les variétés tolérantes, plus marqué sur les génotypes sensibles dès le stade épi 1 cm, l'oïdium échappe en partie aux triazoles et aux SDHI utilisés en routine. Ces fongicides restent le socle du programme, mais un produit dédié peut s'ajouter sur les situations les plus exposées.


Face aux souches de septoriose résistantes, la fenpicoxamide apporte un mode d'action distinct des triazoles et des SDHI. Les packs à base de Jessico One, sans triazole, associent cette substance à deux SDHI : ces solutions confirment leur efficacité dans des résultats d'essais Arvalis et Bayer menés en 2023 et 2024. La règle d'une application par campagne s'applique aussi à la fenpicoxamide.


Dose et positionnement : ce que les essais disent

Trois règles reviennent dans les résultats d'essais des instituts et de Bayer.


· Le stade avant la date. Sur blé, le T2 se cale sur la dernière feuille étalée ; sur orge, sur la sortie des barbes. L'avance ou le retard de la culture selon l'année déplace ces stades de plusieurs jours, d'où l'observation des parcelles et le suivi des stades par les modèles.


· La dose pleine au passage pivot. Arvalis positionne la dose de T2 à un niveau efficace, sans réduction. Dans les synthèses d'essais Bayer, Kardix se place en T2 entre 0,8 et 1 l/ha, avec un ajout de strobilurine pour couvrir pleinement le risque rouilles.


· Le préventif plutôt que le curatif. Les suivis de résistance 2024 montrent qu'un positionnement curatif dégrade l'efficacité de tous les produits testés, à niveau de résistance égal. Sur orge, la date de la première intervention est souvent déterminante pour ne pas courir après l'helminthosporiose.


Déclencher les passages sur le risque observé

Les années à faible pression, comme 2025, le T1 et le T3 du blé ont rarement été valorisés.


Les Bulletins de santé du végétal et les modèles Prévi-LIS d'Arvalis couvrent les principales pathologies : septoriose, rouilles, piétin-verse et fusariose sur blé tendre ; rhynchosporiose et helminthosporiose sur orge d'hiver. Le modèle alerte sur le risque et renvoie à la visite de la parcelle pour décider.


L'offre Prediview intègre ce pilotage dans un programme contractualisé à l'hectare sur blé : les traitements ne sont déclenchés qu'en cas de risque avéré, avec trois formules selon l'exploitation, Prediview One pour la protection de base en T2, Prediview Flexx+ pour la protection foliaire avec la flexibilité du T1 ou du T3, et Prediview Triple pour la protection complète T1, T2 et T3. Le coût, défini en début de campagne, se situait entre 45 et 70 €/ha selon la formule en 2025.


FAQ : les questions fréquentes sur le traitement fongicide des céréales

Quand faire le traitement fongicide sur blé ?
Quand traiter l'orge contre les maladies ?
Combien de traitements fongicides reçoit une céréale dans l'année ?
Quel fongicide choisir sur céréales ?
Faut-il traiter les céréales en année à faible pression maladies ?

Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l'environnement, conformément aux principes de la protection intégrée, consultez
http://agriculture.gouv.fr/ecophyto.

Pour les usages autorisés, doses, conditions et restrictions d'emploi : se référer à l'étiquette du produit ou à la fiche produit sur
agro.bayer.fr
- Bayer Service Infos au N° Vert 0 800 25 35 45.
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