Pucerons et cicadelles : surveiller de la levée à fin tallage
À l'automne, les pucerons, principalement Rhopalosiphum padi, transmettent la jaunisse nanisante de l'orge (JNO), qui touche aussi le blé. Les cicadelles véhiculent la maladie des pieds chétifs. Selon Arvalis, les pertes de rendement liées à ces viroses peuvent atteindre 20 à 30 q/ha en cas de forte pression.
Les produits insecticides disponibles agissent par contact : l'observation des parcelles est donc le préalable à toute décision. Arvalis fixe les seuils d'intervention suivants :
· Pucerons : 10 % de plantes portant au moins un puceron, ou présence du ravageur pendant plus de 10 jours dans la parcelle.
· Cicadelles : 30 captures hebdomadaires sur un piège englué jaune.
En situation exposée à la JNO, le choix d'une variété tolérante et une date de semis retardée réduisent le risque en amont de l'application.
Fongicides : le T2 à dernière feuille étalée, pivot du programme
Le programme fongicide du blé s'articule autour de trois interventions possibles, dont une seule est presque systématique.
Le T1, au stade 2 nœuds, vise le piétin-verse, la rouille jaune et une première protection contre la septoriose. Arvalis rappelle qu'il ne doit pas être systématisé : il se justifie surtout sur variétés sensibles ou en présence avérée de rouille jaune.
Le T2, positionné à dernière feuille étalée, protège les trois dernières feuilles contre la septoriose et la rouille brune. C'est le traitement qui porte l'essentiel du rendement : dans le réseau d'essais Arvalis 2025, il a permis de préserver en moyenne 12,4 q/ha.
Sur ce créneau, Kardix combine deux SDHI, le bixafen et le fluopyram, avec un triazole, le prothioconazole. Les synthèses d'essais pluriannuels Bayer positionnent la dose de Kardix en T2 entre 0,8 et 1 l/ha, avec un ajout de strobilurine pour couvrir pleinement le risque rouilles.
Le T3, à floraison, se raisonne face au risque fusariose de l'épi, pour préserver la qualité sanitaire de la récolte et limiter les mycotoxines.
À chaque passage, l'alternance des modes d'action reste la règle pour limiter la pression de sélection sur les populations de pathogènes.