Le programme double automne, passage obligé en cas de résistance
Un seul passage d'automne dépasse rarement 80 % d'efficacité sur ray-grass en forte infestation, selon les synthèses d'essais Arvalis. Dans les situations où la sortie d'hiver n'est plus fiable, deux passages à l'automne, en prélevée puis en post-levée précoce, sont recommandés.
Sur la base de huit essais menés en Lorraine, les modalités en prélevée seule affichent des efficacités moyennes de 77 % à 83 % selon les associations. Ce niveau reste souvent insuffisant seul sur les infestations denses ou les populations résistantes, ce qui justifie le second passage.
Sur ce créneau, Mateno Duo (aclonifène 500 g/l + diflufénicanil, HRAC 32 et 12) s'utilise à 1,2 l/ha, seul ou en association. Dans les essais Bayer 2025 sur blé tendre d'hiver, sur 7 essais ray-grass en forte infestation (340 épis/m² dans le témoin), l'association avec le prosulfocarbe atteint 94 % d'efficacité.
L'efficacité de la prélevée dépend de l'humidité du sol : une pluie de 10 mm dans les dix jours qui suivent le traitement, un sol ressuyé et un semis rappuyé sécurisent le résultat. Au printemps, un rattrapage à base de Mesomaxx reste un moyen d'alterner les familles chimiques, tant que le diagnostic ne signale pas de résistance généralisée sur la parcelle.
Reconquérir la parcelle sur plusieurs campagnes
Les herbicides et le désherbage mécanique ne détruisent que les graines déjà levées, soit environ 5 % du stock semencier d'une parcelle sur une année donnée. Le reste survit dans le sol et lève les campagnes suivantes : la reconquête d'une parcelle résistante se joue donc sur plusieurs années, avec des pratiques agronomiques en complément direct des solutions chimiques.
· Le décalage de la date de semis. En passant du 20 octobre au 10 novembre, la quantité de ray-grass levée peut être divisée par trois. Le levier, qui s'applique aussi aux autres cultures semées à l'automne, n'est pas adapté aux sols argileux et hydromorphes.
· Le faux-semis. Pratiqué durant l'interculture, il fait lever le ray-grass avant l'implantation de la céréale, pour le détruire par un travail superficiel du sol ou un herbicide foliaire non sélectif.
· Le labour intermittent. Il abaisse le stock semencier sans devenir systématique, au risque de remonter des graines encore viables.
· La variété tolérante au chlortoluron. Une option variétale sur les parcelles fortement infestées en rotation courte de céréales.
· Le désherbage avant tout apport d'azote. Le ray-grass est nitrophile : un ray-grass bien alimenté résiste davantage à la destruction, chimique comme mécanique.
Combiné à un programme automne-sortie d'hiver, l'ensemble de ces leviers (faux-semis, semis tardif) atteint 96,6 % d'efficacité dans les références Bayer.