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Résistance des graminées aux herbicides : comprendre, détecter, prévenir

Ray-grass et vulpin en tête, les graminées résistantes progressent dans les parcelles françaises, principalement face aux herbicides foliaires des familles ACCase et ALS. Le phénomène a une logique : la résistance préexiste dans les populations, et c'est l'usage répété d'un même mode d'action qui la sélectionne. Comprendre les mécanismes, établir un état des lieux de ses parcelles et diversifier les leviers permet de garder la main sur le désherbage.


À retenir

· Une adventice résistante survit à un herbicide pourtant appliqué dans des conditions optimales (Arvalis).

· L'herbicide ne crée pas la résistance : il sélectionne des individus résistants préexistants.

· Les herbicides ALS restent efficaces dans 75 % des situations parcellaires (monitoring Bayer).

· Sur graminées, chaque famille de modes d'action foliaires ne s'applique qu'une fois par an.

· Le Pack MD Diag+ intègre le diagnostic de résistance directement dans le carton d'herbicide.


Résistance des graminées : de quoi parle-t-on

Arvalis en donne une définition précise : une adventice résistante est une plante qui n'est pas contrôlée par un herbicide appliqué dans des conditions pourtant optimales de dose, de stade et de conditions d'utilisation. Ce caractère se transmet à la descendance, qui se reproduit à son tour.


Le point le plus contre-intuitif du phénomène est son origine. Des individus résistants existent naturellement dans les populations d'adventices, en très faible fréquence, avant toute application. L'herbicide ne crée pas la résistance : en détruisant les individus sensibles, il sélectionne les résistants qui préexistaient, campagne après campagne. Une rotation courte et le retour du même mécanisme d'action accélèrent cette sélection. Le phénomène n'est pas lié à la nature des sols : il dépend de la pression de sélection exercée par l'usage répété d'une même famille chimique.


En France, les premiers cas sur graminées remontent au début des années 1990, sur les herbicides foliaires. Le phénomène concerne aujourd'hui d'abord le ray-grass et le vulpin, ainsi que la folle avoine, sur céréales à paille comme sur colza et cultures de printemps.


Deux mécanismes aux conséquences différentes

Face à un même produit, deux mécanismes peuvent être en jeu, reconnaissables au même symptôme au champ, une absence quasi totale de dégénérescence de l'adventice traitée :

Mécanisme

Principe

Conséquence pratique

Résistance par mutation de cible

La cible visée par la molécule a muté : le mode d'action devient inopérant

Résistances croisées prévisibles au sein d'une même famille, diagnostic possible en laboratoire

Résistance par détoxication

Le végétal dégrade la molécule avant qu'elle n'agisse

Résistances croisées imprévisibles, y compris entre familles différentes

Où en est la résistance en France

Les résistances les plus répandues concernent les antigraminées foliaires : la famille ACCase (FOP, Dymes, DEN) et la famille ALS (sulfonylurées, triazolopyrimidines), utilisées surtout en sortie d'hiver et au printemps sur ray-grass et vulpin.


Le tableau n'est pas uniforme pour autant. Le monitoring conduit par Bayer sur des prélèvements parcellaires montre que les herbicides ALS restent efficaces dans 75 % des situations. La résistance généralisée, définie dans ce suivi par plus de 50 % d'individus résistants dans l'échantillon, reste le fait de parcelles à l'historique particulier, où pratiques culturales et programmes passés expliquent la situation.


La résistance se gère donc à la parcelle, sur la base de son historique, sans renoncement général à une famille de solutions contre ces adventices.


La vigilance se déplace aussi vers les racinaires d'automne. Sur le flufénacet, des dérives d'efficacité sont observées sur quelques populations de ray-grass, avec des cas de perte de sensibilité documentés par l'INRAE dès 2019-2020. Arvalis recommande en conséquence de ne pas cumuler deux apports de flufénacet dans un même programme, et de plafonner l'apport unique à 240 g/ha.


Détecter avant de subir : le diagnostic parcellaire

Face à des échecs de désherbage répétés, l'analyse remplace avantageusement l'empilement de passages. Le service HerbiDiag+ établit la carte d'identité de la résistance d'une parcelle :

· prélèvement au champ de plantules de ray-grass ou de vulpin, entre le 15 août et le 15 novembre, en interculture, sur labour reverdi, après faux-semis ou dans la culture ;

· analyse en laboratoire des mutations de cible ALS et ACCase, les deux familles ciblées par le diagnostic ;

· rapport sous 4 à 5 semaines, avec l'état des lieux de la résistance et des recommandations agronomiques, interprété avec le conseiller de la distribution.


Le résultat oriente directement le programme : utiliser ou non des herbicides ALS ou ACCase, et sur quels créneaux reporter l'effort.


Le Pack MD Diag+ pousse la logique jusqu'au bout : le kit de prélèvement HerbiDiag+ est inclus dans le carton de Mateno Duo, avec le matériel et la notice de la démarche. L'agriculteur diagnostique sa parcelle au moment où il engage son désherbage d'automne, et construit la suite du programme sur la situation réelle plutôt que sur l'habitude. La promesse de l'offre tient en une ligne : le bon diagnostic pour le bon désherbage, au bon moment.


Prévenir : alterner, avancer, diversifier

La gestion des résistances se gagne d'abord en amont, par la diversité des modes d'action et des pratiques :


· Alterner les familles chimiques. Sur graminées, ne recourir qu'une seule fois par an à un herbicide d'une même famille foliaire, et traiter une même adventice avec des modes d'action différents au fil de la rotation. La classification HRAC sert de repère pour construire ces alternances.

· Désherber tôt, en programme. Une base d'automne en prélevée, avec des modes d'action racinaires comme ceux de Mateno Duo, réduit les populations avant les créneaux foliaires de sortie d'hiver sur céréales, là où la pression de sélection est la plus forte.

· Mobiliser l'agronomie. Rotation alternant cultures d'hiver et cultures de printemps, labour occasionnel qui retourne le sol, faux-semis en interculture qui provoque la levée des jeunes plantes pour les détruire avant l'implantation, et décalage de la date de semis affaiblissent le stock semencier sans exercer aucune pression de sélection chimique.


Une population résistante installée ne se rattrape pas en végétation : sur des graminées développées et résistantes, l'application a peu de chances d'aboutir, et les leviers se reportent sur l'interculture. Toute la valeur du diagnostic est là : savoir avant de semer, pour ne pas découvrir la résistance dans une parcelle sale au printemps.


FAQ : les questions fréquentes sur la résistance des graminées

Qu'est-ce qu'une graminée résistante à un herbicide ?
Comment savoir si les ray-grass de ma parcelle sont résistants ?
Quels herbicides sont concernés par les résistances de graminées ?
Comment prévenir l'apparition de résistances ?
Peut-on encore désherber une parcelle avec des graminées résistantes ?

Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l'environnement, conformément aux principes de la protection intégrée, consultez
http://agriculture.gouv.fr/ecophyto.

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