Où en est la résistance en France
Les résistances les plus répandues concernent les antigraminées foliaires : la famille ACCase (FOP, Dymes, DEN) et la famille ALS (sulfonylurées, triazolopyrimidines), utilisées surtout en sortie d'hiver et au printemps sur ray-grass et vulpin.
Le tableau n'est pas uniforme pour autant. Le monitoring conduit par Bayer sur des prélèvements parcellaires montre que les herbicides ALS restent efficaces dans 75 % des situations. La résistance généralisée, définie dans ce suivi par plus de 50 % d'individus résistants dans l'échantillon, reste le fait de parcelles à l'historique particulier, où pratiques culturales et programmes passés expliquent la situation.
La résistance se gère donc à la parcelle, sur la base de son historique, sans renoncement général à une famille de solutions contre ces adventices.
La vigilance se déplace aussi vers les racinaires d'automne. Sur le flufénacet, des dérives d'efficacité sont observées sur quelques populations de ray-grass, avec des cas de perte de sensibilité documentés par l'INRAE dès 2019-2020. Arvalis recommande en conséquence de ne pas cumuler deux apports de flufénacet dans un même programme, et de plafonner l'apport unique à 240 g/ha.
Détecter avant de subir : le diagnostic parcellaire
Face à des échecs de désherbage répétés, l'analyse remplace avantageusement l'empilement de passages. Le service HerbiDiag+ établit la carte d'identité de la résistance d'une parcelle :
· prélèvement au champ de plantules de ray-grass ou de vulpin, entre le 15 août et le 15 novembre, en interculture, sur labour reverdi, après faux-semis ou dans la culture ;
· analyse en laboratoire des mutations de cible ALS et ACCase, les deux familles ciblées par le diagnostic ;
· rapport sous 4 à 5 semaines, avec l'état des lieux de la résistance et des recommandations agronomiques, interprété avec le conseiller de la distribution.
Le résultat oriente directement le programme : utiliser ou non des herbicides ALS ou ACCase, et sur quels créneaux reporter l'effort.
Le Pack MD Diag+ pousse la logique jusqu'au bout : le kit de prélèvement HerbiDiag+ est inclus dans le carton de Mateno Duo, avec le matériel et la notice de la démarche. L'agriculteur diagnostique sa parcelle au moment où il engage son désherbage d'automne, et construit la suite du programme sur la situation réelle plutôt que sur l'habitude. La promesse de l'offre tient en une ligne : le bon diagnostic pour le bon désherbage, au bon moment.
Prévenir : alterner, avancer, diversifier
La gestion des résistances se gagne d'abord en amont, par la diversité des modes d'action et des pratiques :
· Alterner les familles chimiques. Sur graminées, ne recourir qu'une seule fois par an à un herbicide d'une même famille foliaire, et traiter une même adventice avec des modes d'action différents au fil de la rotation. La classification HRAC sert de repère pour construire ces alternances.
· Désherber tôt, en programme. Une base d'automne en prélevée, avec des modes d'action racinaires comme ceux de Mateno Duo, réduit les populations avant les créneaux foliaires de sortie d'hiver sur céréales, là où la pression de sélection est la plus forte.
· Mobiliser l'agronomie. Rotation alternant cultures d'hiver et cultures de printemps, labour occasionnel qui retourne le sol, faux-semis en interculture qui provoque la levée des jeunes plantes pour les détruire avant l'implantation, et décalage de la date de semis affaiblissent le stock semencier sans exercer aucune pression de sélection chimique.
Une population résistante installée ne se rattrape pas en végétation : sur des graminées développées et résistantes, l'application a peu de chances d'aboutir, et les leviers se reportent sur l'interculture. Toute la valeur du diagnostic est là : savoir avant de semer, pour ne pas découvrir la résistance dans une parcelle sale au printemps.