Quand un rattrapage et un apport d'azote sont tous deux programmés, Arvalis fixe l'ordre : désherber avant le premier apport. Lever la concurrence tôt évite de fertiliser des adventices, et l'herbicide agit sur des plantes non stimulées par l'azote.
Si la portance du sol n'autorise qu'un seul passage, Arvalis oriente la priorité vers l'azote plutôt que vers un désherbage réalisé dans de mauvaises conditions.
Les conditions d'application qui font l'efficacité
Les substances actives foliaires doivent être absorbées par la feuille puis transportées dans la plante. Cela suppose une végétation active pendant les 8 à 10 jours qui encadrent le traitement, ce qu'on appelle des conditions poussantes.
- Sol ressuyé : Arvalis conditionne toute intervention de rattrapage au ressuyage des surfaces à traiter, pour l'efficacité comme pour la structure du sol.
- Températures douces, entre 4 et 20 °C, avec une légère remontée après la période de gel.
- Hygrométrie supérieure à 60 % au moment de l'application.
- Absence de vent et sol humide.
- Végétation poussante dans les jours qui suivent, sans retour de gel intense ni forts écarts thermiques.
Arvalis ajoute une mise en garde : des interventions tardives, fin février ou mars, réalisées dans de mauvaises conditions réduisent fortement la performance des interventions de sortie d'hiver, et ce n'est pas de la résistance. Un échec de rattrapage s'analyse d'abord par les conditions du jour et le développement des mauvaises herbes, avant de conclure à une population résistante.
Rattrapage tardif : ce qui reste possible après 2 nœuds
Au-delà de ce stade, la gamme de produits utilisables se restreint à quelques dicotylédones printanières et quelques vivaces, rappelle Arvalis. Les dicotylédones restées dans la culture depuis la période hivernale, véroniques ou pensées, sont à des stades trop développés pour être détruites facilement, surtout si aucun herbicide n'a été appliqué auparavant.
Sur graminées, l'intervention tardive cible davantage la folle avoine que le vulpin ou le ray-grass, à des niveaux de développement trop avancés et souvent porteurs de résistances (Perspectives Agricoles).
Face aux vivaces, chardon, rumex ou liseron des champs, un passage après 2 nœuds détruit les plantes sans les éradiquer ; la lutte se raisonne alors sur la rotation et l'interculture. Le chardon se traite au stade boutons accolés, qui coïncide avec les 2 nœuds de la céréale.
Le rattrapage tardif reste donc une intervention de dernier recours, au cas par cas selon la flore, avec un risque d'effet dépressif sur le rendement à intégrer dans la décision.
Atlantis Pro, l'herbicide du rattrapage sur blé
Sur ce créneau, Atlantis Pro est l'herbicide foliaire à large spectre de la gamme Mesomaxx.
- Composition : mésosulfuron-méthyl 10 g/l et iodosulfuron-méthyl sodium 2 g/l, deux inhibiteurs de l'ALS, avec le méfenpyr-diéthyl 30 g/l comme phytoprotecteur assurant la sélectivité sur la culture.
- Mode d'action : absorption par voie foliaire, puis systémie ascendante et descendante.
- Formulation : OD à base d'huile, pour un meilleur étalement et une meilleure adhérence des gouttelettes sur la feuille, une meilleure pénétration des substances actives et une moindre dépendance aux conditions climatiques.
- Dose : 1,5 l/ha, ramenée à 1 l/ha sur blés de printemps.
- Stades : une application de 3 feuilles à 2 nœuds de la céréale.
- Cultures : blé tendre et blé dur d'hiver et de printemps, seigle, triticale, épeautre. L'orge n'y figure pas : sur cette culture, la stratégie de rattrapage se construit avec le technicien de la coopérative ou du négoce, hors gamme Mesomaxx.
Deux positionnements sont possibles. En faible infestation de graminées et en l'absence de résistance sur la parcelle, Atlantis Pro s'utilise seul en sortie d'hiver. En situation difficile, il s'inscrit en programme après une base d'automne, qui lève la concurrence précoce et introduit un autre mode d'action, un levier de gestion des résistances que complètent le labour et le faux-semis avant l'implantation.
Sur les parcelles où le gaillet domine avec les graminées, Pacifica Xpert, sur le même créneau et les mêmes céréales, ajoute l'amidosulfuron au duo mésosulfuron-iodosulfuron.
Dans tous les cas, le traitement avec les solutions Mesomaxx requiert un sol ressuyé et une légère remontée des températures.