Pour les variétés résistantes à peu sensibles, notées 6,5 ou plus, Arvalis va plus loin : l'impasse au stade 2 nœuds est devenue la règle en l'absence de rouille jaune. Le traitement de montaison ne se justifie que si l'observation confirme une contamination au-dessus du seuil.
Cette logique d'observation protège aussi le programme lui-même : intervenir uniquement au seuil limite le nombre d'applications, et donc la pression de sélection exercée sur les populations du pathogène.
La variété et l'agronomie, premier étage du pilotage
Le pilotage commence en réalité au choix de la variété : la tolérance à la septoriose déplace les seuils, autorise l'impasse en début de montaison et réduit le risque sur toute la campagne.
L'itinéraire cultural complète ce socle. L'enfouissement des résidus de récolte prive le champignon de son support de conservation d'une campagne à l'autre, et la maîtrise du volume de feuillage, par la densité de semis et la fertilisation azotée, limite les surfaces exposées aux éclaboussures contaminantes.
Ces leviers abaissent le niveau de départ de l'épidémie sans supprimer le risque, et c'est précisément ce qui donne au pilotage sa marge de manœuvre.
Les modèles de prévision, du seuil à la date optimale
L'observation fixe le principe de l'intervention et les modèles en affinent le calendrier. Un outil de pilotage fongicide croise les données météorologiques, le stade de la culture, la date de semis et la sensibilité de la variété pour estimer la progression de l'épidémie et situer la date de déclenchement optimale du traitement.
Arvalis a développé cette approche avec Septo-LIS, qui ajuste la date d'intervention contre la septoriose en fonction de l'année.
L'institut s'appuie sur ces modèles jusque dans ses stratégies : sur variétés moyennement sensibles, c'est l'outil qui arbitre l'intervention de montaison, avec une confirmation par visite au champ avant tout passage. Le modèle propose, l'observation dispose.
Prediview : le pilotage intégré à une offre de protection
Ce pilotage par modèle est le cœur de Prediview. Le service embarque Previ-LIS, modèle de prédiction des maladies du blé développé par Arvalis, qui suit le risque septoriose aux côtés des rouilles et de la fusariose. Quand le modèle détecte un risque avéré sur la parcelle, une alerte ciblée est envoyée, le traitement est déclenché et l'intervention est tracée dans l'outil : aucun passage n'est réalisé sur la seule foi du calendrier.
L'agriculteur pilote avec l'appui de son distributeur, le service associant les trois acteurs, et les fongicides sont livrés au moment utile sur l'exploitation. Sur le créneau de la dernière feuille étalée, qu'Arvalis identifie comme le traitement le plus important contre la septoriose, Kardix associe prothioconazole et SDHI. Le tout s'inscrit dans un cadre contractualisé à l'hectare, engagé en début de campagne.
Piloté à la parcelle, le traitement contre la septoriose tombe quand la maladie le justifie : les années calmes, l'économie d'applications est directe ; les années de pression, la protection arrive au bon stade pour défendre le rendement.