Sur maïs, la lecture stade par stade et les pertes mesurées en 2022 sont détaillées dans notre article consacré au rendement du maïs face au stress hydrique.
Les leviers pour limiter le stress hydrique, du sol à la plante
Trois leviers agissent sur l'alimentation en eau de la plante, dans cet ordre.
- La réserve du sol vient en premier. Pascale Métais, ingénieure R&D agronomie chez Arvalis, hiérarchise : augmenter la matière organique améliore le réservoir utile, mais le tassement pèse bien davantage. Sur limons argileux profonds, une hausse de 0,5 % de matière organique sur les 30 premiers centimètres apporte 4 mm de réserve utile, tandis qu'une compaction anormale de l'horizon travaillé en retire 13. Un sol tassé stocke moins d'eau et freine l'enracinement qui irait la chercher. Le diagnostic passe par le test bêche, le profil cultural ou le pénétromètre, et le décompactage ne se justifie qu'en cas de tassement avéré, dans un sol ni trop humide ni trop sec.
- L'enracinement se construit à l'implantation. Le bilan de campagne 2025-2026 de Terres Inovia sur colza le résume : après une sécheresse et une chaleur précoces, les parcelles les mieux implantées et dotées d'un enracinement profond ont préservé une grande partie de leur potentiel, quand les situations superficielles ou pénalisées dès l'automne ont subi les stress cumulés.
- L'esquive et le choix variétal placent la culture hors de la période sèche. Semer et choisir une précocité qui situe la floraison avant la période sèche la plus probable du secteur, puis retenir une variété dont la tolérance au stress hydrique est un critère de sélection. DEKALB la signale par le label DKoptim'eau en maïs grain et par la gamme SiloSecur en maïs fourrage, et fait figurer le comportement face au stress hydrique parmi les critères de ses fiches variétales colza.
La conduite ajuste ensuite la demande, avec une densité de semis raisonnée selon le potentiel et la réserve du sol. Là où l'irrigation existe, son pilotage vise les fenêtres du tableau ci-dessus ; là où elle n'existe pas, ce sont les leviers précédents qui portent l'essentiel.
Best-a : préparer la plante à valoriser l'eau disponible
Best-a agit sur les mécanismes décrits plus haut. Ses phytostérols (2,5 %) jouent un rôle d'éliciteur : ils déclenchent une fermeture partielle des stomates qui limite l'évapotranspiration, un développement racinaire accru et un comportement foliaire modifié. Le produit s'applique en une seule fois, à 1 l/ha, entre 6 et 10 feuilles étalées du maïs, avant le stress.
L'effet dépend de la réserve du sol, ce qui rejoint le premier levier : dans les essais 2025 en grandes parcelles (160 essais), le gain moyen est de 2 q/ha entre 80 et 120 mm de réserve utile et de 7,1 q/ha au-delà de 140 mm. Sur 73 lieux, les épis traités portent en moyenne 37 grains de plus, signe d'une alimentation hydrique plus régulière pendant la fécondation.
Sur les autres cultures, Bayfolan Aktivator, biostimulant à base d'acides aminés, de peptides, d'acides fulviques et de micronutriments, vise le développement racinaire et la résilience au stress hydrique. Sur blé, appliqué avec le fongicide de floraison, il a apporté un gain moyen allant jusqu'à 2,9 q/ha sur 21 essais 2024.