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Évaluer la matière sèche du maïs pour réussir son ensilage

Environ une parcelle sur deux en France n'est pas ensilée au stade optimum : parfois trop tôt, souvent trop tard. Ce chiffre, aussi frappant que régulier, traduit une réalité terrain aux conséquences directes : pertes de rendement, dégradation de la valeur alimentaire, fermentations ratées.

La fenêtre de récolte idéale se situe entre 30 et 35 % de matière sèche plante entière, avec un objectif précis à 32-33 % MS.

Récolter en dehors de cette plage compromet à la fois la conservation au silo et la qualité de la ration distribuée aux bovins. Heureusement, des méthodes d'observation rigoureuses permettent d'anticiper et de piloter cette décision avec précision.


Anticiper et calculer la bonne date de récolte du maïs ensilage

Organiser le chantier d'ensilage demande de s'y prendre 3 à 4 semaines à l'avance : réservation de l'ensileuse à la CUMA, planification logistique, coordination avec les équipes. Cette anticipation n'est pas un luxe. C'est une condition de réussite.


Utiliser les sommes de températures comme boussole

La méthode la plus fiable pour prédire la date de récolte repose sur le cumul des températures. Il faut compter 20 à 25 degrés-jours (base 6) pour gagner un point de MS.

Concrètement, environ 150 °C cumulés en température base 6 : calculée selon la formule ((Tmax « plafonné à 30 °C » + Tmin) / 2) – 6 : séparent le stade lentille vitreuse du stade optimal de récolte.

En très beau temps, le gain de MS peut atteindre 0,75 à 1 point par jour, ce qui laisse très peu de marge.


Tenir compte de l'hétérogénéité parcellaire

L'humidité, l'exposition et le stress hydrique varient d'une parcelle à l'autre, parfois même au sein d'une même parcelle.

Le diagnostic doit impérativement s'effectuer à l'intérieur des champs, loin des bordures qui évoluent différemment. Ignorer cette hétérogénéité intra et inter-parcellaire conduit à des compromis désastreux sur le stade de récolte.


Détecter le stade optimal grâce à l'observation des grains au champ

L'observation des grains commence 3 à 4 semaines après la floraison observée : définie comme le moment où 50 % des plantes ont leurs soies sorties. Ce repère temporel est fondamental pour cadrer le suivi.


La méthode d'observation pas à pas

Il faut pénétrer dans la parcelle, retirer les spathes sur chaque épi, casser l'épi en deux, puis examiner le remplissage des grains sur les couronnes centrales.

Prélever un grain, le couper dans la longueur et l'observer attentivement. Répéter l'opération sur 10 pieds consécutifs garantit une lecture représentative.

● Au stade laiteux : le grain s'écrase facilement, son contenu gicle sous l'ongle avec une couleur blanc laiteux, les feuilles et spathes restent vertes.

● À l'apparition de la lentille vitreuse : la MS atteint 24-26 % en bonne condition hydrique, 28-29 % en situation de stress hydrique : signal que la récolte approche dans 10 à 25 jours.


Les trois amidons comme marqueurs de maturité

À 32-33 % de MS plante entière, les amidons laiteux, pâteux et vitreux se répartissent en trois tiers égaux dans le grain.

L'humidité des grains se situe alors entre 42 et 48 %. C'est à ce stade que l'amidon atteint une concentration optimale pour la digestion, sans compromettre la qualité du hachage ni la densité dans le silo.


Comprendre les conséquences d'une récolte mal calée sur la valeur alimentaire et la conservation

Récolter trop tôt, en dessous de 28-30 % de MS, prive l'éleveur du rendement maximum : la perte atteint 10 à 15 %.

L'ingestion diminue d'environ 3 kg MS par récolte, la valeur nutritive chute, et des jus s'écoulent du silo emportant protéines et sucres solubles. La fermentation devient problématique dès les premières semaines.


Les dangers du silo trop sec

Au-delà de 35-40 % de MS, les écueils s'accumulent. Le tassement devient difficile, l'air ne s'évacue pas correctement, la chaleur s'installe dans le tas. La qualité du hachage se dégrade, la digestibilité des fibres baisse, et les risques de mycotoxines augmentent franchement. Les bovins expriment des refus à l'auge.

Un sondage mené en France en 2017 révèle que 59,1 % des éleveurs ouvrent leur silo trop tôt : 26,4 % attendent moins d'une semaine alors que la stabilisation requiert 30 à 45 jours.

La valeur énergétique de l'ensilage conditionne directement les performances laitières. Un écart de 0,035 UFL représente environ 1 kg de lait par vache et par jour : un impact que nulle ingestion supplémentaire ne compense.

Le maïs contient en moyenne 7 % de MAT, ce qui impose systématiquement un complément azoté : soja, colza : pour couvrir les besoins du rumen. La cellulose brute idéale se situe entre 18 et 22 % MS.


Teneur en MS

Poids ensilage/m³ remorque (Station de Mauron)

Risques principaux

25-30 % MS

105 kg MS/m³

Jus, pertes protéines, fermentation instable

31-35 % MS

125 kg MS/m³

Stade optimal, bon compromis

36-40 % MS

125 kg MS/m³

Mycotoxines, tassement difficile, refus


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