Efficacité du désherbage maïs : un enjeu de rendement direct
Le maïs est une culture à fort écartement et à installation lente : les adventices y trouvent lumière et espace pendant plusieurs semaines. La concurrence s'exerce dès le semis et se poursuit jusqu'à ce que la végétation recouvre l'inter-rang, vers le stade 12 feuilles, rappelle Arvalis.
Les chiffres mesurent l'enjeu. Dans les témoins non traités des essais Arvalis, les pertes de rendement représentent 20 à 80 % selon les situations. En maïs fourrage, une densité de 20 chénopodes par m² réduit à elle seule le tonnage de matière sèche de 15 %. S'y ajoute la toxicité de certaines espèces, mercuriale ou datura, qui rend le fourrage impropre à la consommation des animaux.
Un désherbage réussi protège aussi les campagnes suivantes : une seule année de relâchement reconstitue le stock grainier de la parcelle et complique le désherbage des cultures qui suivent. D'où l'intérêt de bâtir des stratégies qui tiennent sur plusieurs campagnes, pas seulement sur l'année en cours.
Le programme avant le produit
L'efficacité se joue d'abord dans l'architecture du programme, adaptée à la dynamique des levées. Les essais Arvalis donnent deux repères :
· sur flore à dominante de graminées, un herbicide racinaire appliqué avant la levée des adventices obtient un désherbage satisfaisant dans plus de 90 % des situations ;
· sur cortège diversifié de dicotylédones, classiques ou difficiles, une double intervention après la levée donne les meilleurs résultats.
Le positionnement s'ajuste ensuite au contexte. Sur semis précoces, Arvalis recommande de décaler le racinaire de la pré-levée vers la post-levée précoce, à 2 feuilles du maïs, pour gagner en rémanence sur la fin de période de levée des adventices. Et d'un passage à l'autre, les modes d'action s'alternent pour prévenir l'apparition d'adventices résistantes.
Adapter la stratégie à la flore de la parcelle
Aucun programme type ne vaut pour toutes les parcelles : la flore observée et l'historique commandent le choix. Sur flore simple, une intervention unique bien positionnée peut suffire. Sur flore complexe, mêlant graminées estivales et dicotylédones difficiles, la stratégie se construit en deux passages, pré-levée puis post-levée.
Les espèces à levées échelonnées structurent le raisonnement. Face au datura, Arvalis préconise une stratégie en deux, voire trois interventions : le racinaire de pré-levée bloque les levées pendant quelques semaines, puis un passage foliaire détruit les levées suivantes.
La même logique vaut pour l'ambroisie. Le tour de plaine et l'historique de la parcelle permettent d'anticiper ces flores avant le semis, avec l'appui du technicien de la distribution.