La parcelle comptait 40 vulpins/m² : sur cette pression, seule l'intervention dans la foulée du semis, sur des adventices non levées ou à peine, a tenu son rang, avec ce que les auteurs qualifient de très bon rapport coût/efficacité.
Sur ce créneau, Mateno Duo apporte une base adaptée, dès le début de campagne, au contexte qui vient :
· fenêtre d'application : post-semis prélevée de préférence, avec une souplesse en post-levée précoce, au stade 1 à 3 feuilles du blé tendre d'hiver ;
· deux modes d'action, l'aclonifène (HRAC 32) et le diflufenicanil (HRAC 12), efficaces sur graminées et dicotylédones et étrangers aux résistances qui touchent les foliaires ;
· une composition sans flufénacet, qui l'inscrit dans les programmes d'après-retrait ;
· dose de 1,0 à 1,2 l/ha selon la situation parcellaire, la culture et la stratégie.
Des doses efficaces plutôt que des rattrapages
La tentation existe, sur un poste herbicide coûteux, de réduire les doses de produits ou de reporter l'effort en sortie d'hiver. L'essai lorrain chiffre ce que vaut ce report : l'intervention de sortie d'hiver n'apporte que quelques points d'efficacité supplémentaires, pour un coût jugé très élevé par les auteurs, et reste à réserver aux parcelles très infestées.
La logique robuste est inverse : une application à dose efficace, positionnée tôt sur des adventices jeunes, évite les rattrapages qui empilent les passages et les substances actives. Et à chaque intervention, l'alternance des modes d'action, intégrée par Arvalis dans tous ses programmes de préconisation, protège les solutions qui restent, sur cette céréale comme sur les autres céréales à paille.
Sortie d'hiver : compléter sur tour de plaine
Reste la surveillance. Des levées ou relevées de graminées s'observent chaque année en sortie d'hiver, y compris derrière un traitement d'automne : le tour de plaine en fait le bilan, adventice par adventice, et décide d'un éventuel complément foliaire entre 3 feuilles et 2 nœuds de la céréale.
Passé 2 nœuds, les possibilités se réduisent à quelques cibles, et les graminées développées ne se rattrapent plus. Le raisonnement complet de ce second créneau, ses seuils et ses limites, rejoint celui du programme herbicide céréales et de la gestion du rattrapage, traités par ailleurs.
Désherber cette céréale, c'est donc jouer la campagne dans le bon ordre : l'agronomie pour réduire la pression, la prélevée pour faire le résultat, la sortie d'hiver pour corriger à la marge. Dans un contexte de solutions plus rares, ce séquencement est ce qui protège à la fois le rendement de l'année et l'efficacité des herbicides pour les campagnes suivantes.